En France, l’accès à la prévention en santé reste inégal, en particulier pour les personnes allophones. Les campagnes de dépistage ou les recommandations nationales leur parviennent rarement ou dans une langue ou une forme qui ne sont pas facilement accessibles. Rares sont les ateliers de prévention pensés en prenant en compte les différents niveaux de langue des participants et participantes, et encore moins leurs langues familiales. Cette exclusion par la langue ne se décide pas : elle s'installe, dispositif après dispositif, faute d'avoir été identifiée.
Elle n'est pas non plus une question de volonté. Sur le terrain, les équipes de soin, les médiateurs et médiatrices en santé et les professeurs de FLE sont nombreux à vouloir inclure les personnes allophones dans les actions de prévention en santé. Mais beaucoup hésitent. Comment encourager à participer à un dépistage quand on n'est pas sûr d'être compris ? Comment expliquer le fonctionnement du système de santé ? Comment parler du cancer, de santé mentale ou encore de contraception sans connaître les significations de ces mots pour la personne en face ? Faute d'outils adaptés ou de formation, on évite le sujet, on s’accroche aux termes médicaux précis ou on s'en remet à une traduction automatique qui donne un mot mais rien de ses différents sens.
Prendre en compte ces enjeux de langue et valoriser les différentes manières de dire et de comprendre la santé, c’est ce que nous proposons avec Yiotta Santé. Sur cette plateforme libre et collaborative, les mots de la santé s'écrivent, s'illustrent, se prononcent et se traduisent à plusieurs voix .